05.01.2009

COURIR de Jean Echenoz

 

J’aime bien Jean Echenoz. La dernière fois que je me suis rendue au Salon du Livre avec celui qui allait devenir mon mari, on l’a vu. On a papoté deux minutes. Ils nous a dédicacé « Ravel » et « Jérôme Lindon », petit texte court mais savoureux sur le directeur des éditions de Minuit. C’est donc avec une certaine empathie que j’ai acheté, ouvert et lu son dernier roman « Courir », sorte de biographie fictionnée de l’athlète Emil Zatopek. Je ne connais rien au sport. Les exploits et le style – très particulier me dit-on – de Zatopek me sont totalement étrangers. Echenoz a le talent certain de ceux, rares, qui savent capter l’instant. Sous sa plume un tour de piste, un départ, une foulée, une accélération ou encore le passage de la ligne d’arrivée confine à la grâce comme ce passage p 93.

 

« Ce nom de Zatopech qui n’était rien qu’un drôle de nom, se met à claquer universellement en trois syllabes mobiles et mécaniques, valse impitoyable à trois temps, bruit de galop, vrombissement de turbine, cliquetis de bielle ou de soupapes scandé par le k final, précédé par le z initial qui va déjà très vite : on fait zzz et ca va tout de suite vite, comme si cette consonne était un starter. Sans compter que cette machine est lubrifiée par un nom fluide : la burette d’huile Emile est fournie avec le moteur zatopek. »

 

Le hic c’est qu’une vie extraordinaire ne se résume pas à une succession de petits moments, elle est portée par un souffle que certain appelle un destin. A en croire Echenoz, Zatopek a vécu sa vie et sa carrière  comme un athlète docile sans avis sans passion avec comme seul et unique moteur : courir. Dans ce livre, Zatopek est un sujet, sujet du livre bien sûr mais aussi et surtout sujet de sa propre vie. Sa participation aux manifestations du printemps de Prague apparaît comme un micro-événement. Toujours dans « Courir », avec une certaine fatalité et sans colère, l’homme se pliera à toutes les brimades et décisions arbitraires de sa hiérarchie militaire.

 

Adepte des très longues distances, Zatopek aurait mérité un roman plus long, plus soutenu à l’image de ses courses. L’auteur le répète à plusieurs reprises, le champion olympique détestait voir le dos de ses adversaires.  Pendant 142 pages, Echenoz a couru après son sujet, essoufflé par sa cadence infernal, il ne s’est contenté que de son dos et le lecteur aussi.

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Jean Echenoz, Courir, Les editions de Minuit, octobre 2008, 13,50€. 

Commentaires

belle idée ce blog, continue mais alors peuchère : au final alors on y court ou pas ? .. acheter ce livre de jean echenoz... tu donnes ton avis c bien mais dis nous plus concrètement si tu nous conseilles ou PAs l'ouvrage.. parce que .. même s'il ne rattrape pas son sujet, le style vaut peut être qu'on s'y mette dans cette fichue course ???

Ecrit par : Lô | 05.01.2009

Cher Lô
merci pour tes encouragements
bonne remarque, pour te répondre je dirais à acheter mais en occasion ou en poche

Ecrit par : DLEM | 06.01.2009

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